Délégationde Seine-Saint-Denis

Échanges avec les Roms des villages d’insertion de Saint-Denis et Saint-Ouen

Camille Monti, volontaire au Secours Catholique de Seine-Saint-Denis, nous fait partager ses échanges avec les Roms des villages d’insertion de Saint-Denis et Saint-Ouen.

« Lorsque nous arrivons au village, Manuel et Razvan accourent, suivis de près par les autres enfants. "Où on va Camille ?". "À la piscine ?".

Dans mon sac, je n’ai pas de maillot de bain, mais plusieurs jeux de société. Enthousiasme général. Vite, on sort les tables et c’est parti ! Jeux coopératifs, jeux de rapidité, de mémoire, jeux de carte… on s’amuse ainsi pendant deux heures, avec petits et grands.

"C’est trop bien quand vous venez, on rigole trop !", me crie Daniel. Comprendre les règles du jeu, attendre son tour, s’écouter, accepter de perdre, jouer ensemble… cela demande beaucoup de patience et d’énergie !

"UNO !" Francesa sourit. Cette mère de famille a fini par accepter mon invitation à venir jouer avec nous.

"Galbeno", "albastriu", j’apprends les couleurs en roumain, "jaune", "bleu"… et "elle" en français !

Durant tout l’été, des bénévoles du Secours Catholique viennent jouer dans les villages d’insertion de Saint-Denis et Saint-Ouen.

Nous connaissons bien ces lieux, car nous y intervenons pendant l’année pour aider les enfants dans leur scolarité. Être présents l’été assure une continuité dans notre travail.

Cela nous permet de créer plus de liens avec les familles en partageant de nouvelles choses avec elles.

Jeudi 5 août : j’accompagne 14 personnes du village de Saint-Denis à la plage d’Houlgate, sortie organisée par le Secours Catholique et à laquelle participent au total plus de 150 personnes.

Adelin, Rebecca et Norisa voient la mer pour la première fois. "Pouah, elle est salée !". "On peut la réchauffer, la mer ?".

Au retour, Francesa m’invite à dîner. C’est toujours avec un grand sourire et une belle simplicité que je suis accueillie.

Francesa est arrivée en France en 2005. Elle a quitté la Roumanie car ses conditions de vie étaient trop dures.

Après avoir été expulsée de plusieurs bidonvilles, elle a intégré le village d’insertion de Saint-Denis avec ses trois fils. Comme elle, environ 2 000 Roms de Roumanie et de Bulgarie ont quitté leur pays pour venir s’installer en Seine- Saint-Denis. Chaque jour, Francesa fait la manche. C’est le seul moyen pour l’instant de nourrir sa famille, car elle n’a pas encore obtenu l’autorisation qui lui permettra de travailler.

Les heures passées aux côtés de ces familles sont très riches. L’échange est d’autant plus fort lorsque nous jouons ensemble : pour jouer, pas besoin de maîtriser le français, des gestes suffisent… et des sourires ! »

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