Délégationde Seine-Saint-Denis

« Si je ne trouve pas Dieu ici, je vais le manquer pour longtemps… »

« Et en effet, Dieu était là, défiguré parfois par la souffrance, pauvre de tout, mais plein de dignité, de courage, de simplicité. »

Maryse passe le relais à Montfermeil, et témoigne de ses découvertes…

« Si je ne trouve pas Dieu ici, je vais le manquer pour longtemps… »

Mon engagement au Secours Catholique ?

Mais c’est toute une vie qui m’y a préparée ! Naissance dans une famille chrétienne attentive aux pauvres ; entrée à la Jeuneuse Étudiante Chrétienne dès l’âge de 12 ans, mission de quartier à la paroisse Saint-Séverin, à Paris, ensuite, depuis mon mariage, divers mouvements de foyers. Ma profession, également, m’a amenée à m’occuper d’enfants d’origines très variées.

Mais ce qui a été décisif pour moi, c’est d’enseigner six ans aux Bosquets, d’y côtoyer tant de souffrances et en même temps, d’admirer tant de générosité, de dignité, de courage. Je suis très attachée à cette population qu’il faut fréquenter au quotidien pour apprécier les qualités de la majorité de ses membres.

Je connaissais les besoins de certains enfants d’être épaulés dans leur travail scolaire, j’ai pu former des groupes d’élèves ayant les mêmes difficultés à vaincre. Puis, une ancienne collègue de primaire a fait appel à moi pour organiser un soutien scolaire pour les enfants qu‘elle jugeait en difficulté. C’est ainsi qu’est né le premier groupe de Soutien scolaire à Montfermeil : nous étions une dizaine de bénévoles (mes amis), un jeune en Service civil et bientôt, jusqu’à soixante-dix enfants venant régulièrement étudier dans le F4 mis à notre disposition. Ces enfants avaient soif d’apprendre et ils faisaient des progrès rapides, leurs maîtres et les bénévoles se concertant à intervalles réguliers.

En même temps, s’est développé un accueil social, puis l’épicerie sociale, L’Amie, en 1996. Elle a complété les structures caritatives – existantes et fort utiles – en offrant un travail d’insertion par le biais de l’alimentaire, et cela dans la durée. Un millier de familles en ont bénéficié depuis l’ouverture, et sont devenues capables de régler elles-mêmes tout ou partie de leurs dettes (dans le domaine du logement, principalement). C’est une « aventure » passionnante pour les vingt-cinq bénévoles qui font vivre cette épicerie et qui se réjouissent de voir les familles s’épanouir peu à peu, retrouver une vie sociale plus active.

Aujourd’hui, je passe la main. C’est Alain Osty, Coubronnais, jeune retraité, qui me succède, et je lui dis ici ma joie d’être ainsi relayée.

J’aimerais confier ici quelques réflexions…

Quand je suis arrivée pour la première fois aux Bosquets, j’ai pensé (et je m’en souviens bien !) : « si je ne trouve pas Dieu ici, je vais le manquer pour longtemps… » Et en effet, Dieu était là, défiguré parfois par la souffrance, pauvre de tout [...], mais plein de dignité, de courage, de simplicité. Je parle ici des Bosquets, mais des situations de détresse se vivent dans tous les quartiers, tout près de chez nous, sous nos yeux « fermés ».

Le « social », le « caritatif » ne sont pas réservés aux chrétiens : croyants de diverses religions, non croyants, nous faisons front commun contre la misère, l’injustice, l’écrasement de l’être humain. Nous avons besoin d’unir nos forces.

Le Secours Catholique nous demande « d’oser vivre la fraternité avec les pauvres en Église ». Il considère que ceux qui vivent des situations de pauvreté sont les premiers acteurs de leur développement. Il s’engage à leurs côtés pour lutter contre les causes de pauvreté et d’exclusion. Témoignant de l’Évangile, il nous invite à aller à la rencontre des plus pauvres, à nous mettre à leur écoute, à les soutenir et à nous associer avec eux pour construire ensemble une société juste et fraternelle.

Sans le soutien constant d’Alberto, mon mari, et de mes enfants, sans l’aide de Dieu, je n’aurais sans doute pas pu faire ce « travail ». C’est peu par rapport à ce qu’il reste à faire.

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