Entre le « périph’ » et la ligne de chemin de fer, le long d’une route pavée bordée de palissades et de petites baraques de chantier, on découvre un square porte de la Villette dans lequel des tentes fabriquées de toutes pièces sont là…
Sont là aussi quelques centaines de personnes immigrées venant de Tunisie dans l’attente de quelque chose qui peut s’appeler l’espoir…
C’est là que notre camionnette du Secours Catholique s’installe depuis quelques jours avec café, lait, gâteaux, yaourts, fruits, et quelques bénévoles venus des quatre coins du département et même au-delà.
Des bénévoles du Secours Catholique bien sûr, mais également des bénévoles de Saint-Vincent-de-Paul, du Secours Islamique, tous unis en fraternité pour apporter un « petit déjeuner », avec un peu de chaleur et quelques sourires, des échanges (pas toujours faciles lorsque l’on ne parle pas la même langue).
A., 25 ans, cherche quelques pièces de monnaies pour pouvoir téléphoner à sa mère en Tunisie, que peut-il lui dire… que tout va bien… que l’Europe c’est l’Eldorado… qu’il a du « boulot »… Non, rien de tout ça, il veut juste la rassurer, car A. prend conscience que sa vie, depuis qu’il a quitté la Tunisie, est dure et moins belle que celle imaginée.
Il pensait (par pure utopie) récupérer en Suisse un peu de l’argent tunisien que des anciens dirigeants avaient transféré… et le voilà aux portes de Paris, refoulé de partout… coincé entre le périphérique et la ligne de chemin de fer, le long d’une route pavée, bordée de palissades et de petites baraques de chantier.